



Un volume épais (peut-être trop car certains passages semblent détaillés outre mesure), riche d'anecdotes, comprenant en son cœur des photographies, pour découvrir une femme extraordinaire et à travers elle une époque et ses personnages.

Les Contes grivois de Guy de Maupassant reprennent des nouvelles publiées dans la revue Gil Blas. Ce sont treize textes grivois, sensuels et piquants délicieusement mis en mot par un Maupassant espiègle et très en verve, mis en images dans des styles très différents par plusieurs dessinateurs dans un très beau volume relié. Une riche idée et un volume particulièrement attirant.

Zizi the kid, ce sont les aventures d'un enfant qui aimerait bien grandir pour comprendre ce que les filles ont exactement entre les jambes puisque même les frites Végétaline sont lisses, que la poupée de Gaëlle est décevante de passivité et que lorsque Ken et Barbie font l'amour, ces deux-là se frottent tout nus sans que rien ne se passe. Des magazines Playboy s'entassent dans les toilettes du tonton, le poney bande comme un âne et le petit David a même vu un sein se découvrir dans un film où il n'a rien compris.
Ces séquences d'une autre époque sont touchantes et drôles. Une découverte de la sexualité chez un enfant entre la campagne normande, Paris, le bord de mer, l'école et les chansons d'amour...

Une délicieuse lecture-promenade autour de l'érotisme, de son fonctionnement, de ses buts.

Ce livre se lit comme les confidences d'une bonne copine.

Il s'agit du dernier roman de Guillaume Perrotte, Femmes de pub, qui sort avant l'été et c'est heureux : un bon moment de lecture et de rires, un livre idéal pour se reposer au soleil.



Deux couples homosexuels passent leurs vacances entre la Grèce, San Francisco, Brest et Paris. L'occasion de parfaire sa culture, de réviser ses connaissances de manière ludique. Au programme, littérature, sociologie, musique, mythologie, people, cinéma, histoire, télévision, sexologie, sciences... Des exercices divers, des jeux, le tout conçu pour passer un agréable moment. A conseiller aussi aux hétérosexuels qui veulent en apprendre un peu plus sur la culture gay.

Nouvelles qui inquiètent, avec leur part de mystère comme La patiente du docteur Goult de Gala Fur, une part de fantastique avec L'amour de la nature de Teresa Noëlle Roberts, nouvelles plus légères comme celle que narre Wendy Delorme, Dis bonjour à la dame, avec le cadre de la plage estivale et un adolescent à ses premiers émois... Violences, jeu de bondage, amour fou, rencontres imprévisibles et plan à trois, élégance des lieux ou sordidité d'un motel...
Un recueil de bonne tenue, une lecture appréciable.
A noter aussi, la très belle illustration en couverture de Kim, alias Florence Lucas (http://flokim.blogspot.com/).

A l'honneur dans ce recueil, le quick sex, le sexe à la dérobée dans des toilettes, derrière un paravent, sous une porte cochère, sur un lit avec un inconnu, sur un lit sans l'inconnu – la masturbation est parfois de rigueur, dans le Muséum d'histoire naturelle, sur les strapontins d'un cinéma, dans le bureau d'un procureur.. La rapidité est de mise, l'absence de lendemain aussi, mais cela ne limite pas l'intensité de la rencontre.

Le lendemain, elle revient dans cette grue avec une amie, curieuse de voir et de participer. Une étrange nuit se déroule à nouveau.
Le texte se coupe des images, en colonne : narrations poétiques en capitales, dialogues vifs, interrogations et paroles injonctives où chaque personnage trouve facilement sa place aux yeux du lecteur grâce à une typographie différente pour identifier le locuteur. Les images semblent griffonnées, coups de crayon qui donnent violemment vie aux mots.
Un album curieux, beau et amer, une narration entre baise et amour.
« -As-tu seulement déjà écouté le chant des pneus qui roulent sur l'asphalte ? Senti l'odeur mate de mazout des raffineries au loin ? De l'acier chaud des rails ou de la poussière sur les ronces des bas-côtés ? T'as jamais le cœur qui explose ?
- Mais tout le monde aime la vie.
- Peut-être. »

L'auteur, sexologue et adepte du tantrisme, nous offre avec ce livre la découverte de différentes techniques, des façons de masser différentes parties du corps, des idées de jeux, de préparation dans un esprit de tolérance et de respect de l'autre.
Didactique, ce volume est largement illustré et propose des pas à pas éclairants. Un beau volume dont tout massage peut s'inspirer avec bonheur.




Second mariage avec un homme qui s'affale devant la télé, puis la découverte du plaisir avec des inconnus. Et la décision de prendre sa vie en main. Retrouver sa fierté, ne plus se laisser dominer mais choisir : un leitmotiv de ce témoignage.
Seulement, le récit présente des incohérences, notamment liées au comportement de la jeune femme, des situations contredites, des faits qui se chevauchent, des décalages entre pensée et action et l'on a parfois peine à suivre où le texte veut nous conduire.
Peut-on croquer la vie à pleine dent en étant d'ores et déjà désabusée ? La Maghrébine peut-elle sortir de ce cliché de femme qui suce et qui se fait sodomiser, alors que le personnage lui-même découvre le plaisir de ces actes et s'y adonne ? Se libérer des contraintes du cliché en y entrant de son plein gré ?

De drôles de choses se passent à travers le poste de télévision d'Alma, jeune femme filiforme en perpétuelle recherche d'emploi qui vit avec son chien, autre personnage important de ce volume. Cinq récits (Safe sex, Leçon de judo, Au travail, La fugue de Nano, Cyberspace) enchaînent les péripéties, sur un chantier, chez une psychanalyste, dans un monde à 4000 années lumière de la terre ou chez soi, car finalement tout n'est peut-être qu'un rêve...




Profane Lulu, tour à tour styliste et poète, se met en scène, se cite lui-même, affirmant par exemple « Toutes les femmes ont droit au plus grand plaisir sexuel, soutenait Profane Lulu, mais je préfère que ce soit avec moi. » ou disparaît entièrement, créant des personnages de femmes qui choisissent et mettent en scène l'acte sexuel : celle qui escalade la montagne en jetant une à une les couches successives de ses vêtements, celle qui écrit un scénario scène à scène de son dépucelage mais que son amie réalise à sa place, celle qui prend la barre qui la soutient dans le métro pour un accessoire de pole-dance... Beaucoup d'humour dans ces quinze récits que les éditions Dialogues proposent, en plus du volume papier, de retrouver en téléchargement. Le numérique comme complément de l'édition traditionnelle.

Rien à voir avec un poussiéreux volume décrivant minutieusement des manoeuvres gymniques à effectuer ! C'est pratique, convivial et drôle.
A chaque femme son témoignage et ses fantasmes, accompagnés des illustrations vivement colorées d'Adrià Fruitos. A elles seules, ces illustrations valent d'ailleurs le détour !
Trois nouvelles érotiques sont aussi glissées dans ce volume. Un Kamasutra vif et original.

Sautillants, ces poèmes sont des chansonnettes grivoises et malicieuses, aux rimes sages tandis que les mots le sont moins. Pas de la grande littérature certes, mais c'est vif, léger, agréable à lire et accompagné de dessins de l'auteur.

Casino raconte les passes d'un bordel au début du XXe siècle dirigé par Madame Georgette, maquerelle pleine de bon sens lorsqu'elle déclare que "le cul ne connaît guère de morte saison" et prête à satisfaire toutes les fantaisies des clients si le prix y est mis : fausse vierge, fausse marquise, cavalière, femme qui pète, car "ainsi va la vie au bordel, bordélique comme l'est la vie..."
Le volume de plus de trois cents pages fait revivre trois épisodes non censurés de la série : Dans la maison close, Le train bleu, La dernière vierge de Paris. Superbes dessins en noir et blanc de Leone Frollo et introduction érudite de Jean-Luc Glayrouse. Une petite merveille.

La bouche, la langue, le sexe féminin font l'objet de descriptions topographiques et de nombreuses explications : poils ou pas (et cela comprend la barbe naissante irritante des messieurs), hygiène, odeurs féminines, règles, safe sex, exercices spécifiques des muscles pubo-coccygiens mais aussi musclature de la langue avec descriptions de techniques venant de l'orthophonie (!) et un très curieux "kung fu de la langue", techniques du baiser, techniques du cunnlingus, positions...
Ce qui empêcherait d'oser le cunnilingus, cette conception ancrée dans nos esprits selon laquel le sexe serait sale, est battue en brêche dans ce volume : "la honte ou la crainte des parties génitales (les siennes ou celles de l'autre) reste le premier handicap à l'épanouissement sexuel". Et Coralie Trinh Thi explique que le vagin est en soi plus propre que notre bouche, qu'il contient moins de bactéries et qu'il se nettoie seul. Les odeurs sont naturelles et propres à chaque femme.
Le Tantra est largement convoqué dans ce volume de 200 pages, ce qui en fait le plus épais de la collection : le cunnilingus est un échange de fluides, d'énergie. Coralie Trinh Thi ne ménage pas les références aux conceptions orientales de la sexualité et cite fréquemment des ouvrages consacrés au Tao. Cependant, les citations sont aussi souvent celles d'anonymes, des témoignages courts, amusants, voire détaillés comme celui de Betty enveloppée dans un film plastique alimentaire qui donne curieusement envie de fouiner dans les placards de sa cuisine...

Après quelques exercices basés sur la respiration, après une préparation au massage et des conseils sur les huiles, l'éclairage, la façon de procéder, etc., l'essentiel du volume décrit cinquante massages à effectuer pour détendre, revitaliser et stimuler. Des massages à effectuer en couple !

Extraits musicaux : Zelka - Le Hic, Ziaux - L'ange, Ziaux & Kelka - Le Brésilien tout de suite

Ce qui fait l'originalité du recueil, ce tissage d'écritures, en fait malheureusemet aussi sa faiblesse. Quelques très bons textes, entourés d'autres moins bons, des récits échevelés et audacieux mais d'autres plus convenus qui laissent le goût âcre de la déception.
A remarquer, quelques joyeux écrits, comme une folie orgiaque chez Anne Michel ou comme un guet-apens adultérin chez Valentine Abé... Le summum étant A perdre alène ou la folie d'une femme tombée sous le charme d'un cordonnier, récit de la talentueuse Françoise Rey.


(A suivre sur http://robertgreene.editionsleduc.com/)

Le Roi du Cuir, riche américain, s'éprend d'une Française, Solange, qu'il épouse de suite. La jeune femme peut alors exprimer ses penchants pour la domination grâce aux acquisitions de son riche mari, des jeunes femmes vierges qui deviennent ses esclaves. Solange apprend à les dresser, invente tenues sophistiquées, punitions originales et règne enfin sur une cour de vassales admiratives.
Il s'agit du rêve d'une jeune femme qui n'est pas tout à fait sortie de l'enfance, qui se prend pour une princesse jouant avec ses poupées, qui les pare de chevreau, rougit leurs aréoles et les zèbre de coups... un conte en quelque sorte... cruel, mais un conte.

Et le fantasme féminin par excellence serait un homme attentionné, qui nous écoute, fait la vaisselle sans rechigner, bref, l'homme idéal que le livre décline en plusieurs versions : Adrien qui aime faire des massages, Joey adepte de décoration intérieure, Eric admirateur de Simone de Beauvoir et Michael propriétaire d'une galerie d'art.
A la façon d'un roman-photo, des scènes de la vie quotidienne croquées avec humour...
Le livre conclut sur un index des mots-clefs, pages intitulées "Qu'est-ce qui vous excite ?". Si les mots "cadeaux inattendus", "chausures", "chocolat", "musique", "préliminaires" et "shopping" y figurent, c'est que l'AEPF a effectivement compris quelles étaient les zones érogènes féminines.
Blog de l'association : http://aepf.editionsleduc.com/

Neveu d'un vieil avare amateur éclairé d'horreurs, collectionneur d'objets ayant appartenu à de célèbres assassins servi par un majordome odorant, Sam Bot est régulièrement envoyé en mission par cet hurluberlu et très souvent sauvé par la plantureuse Orchidée, sa voisine nymphomane amoureuse de ses solides arguments. Le commissaire, sa femme toujours légèrement vêtue et prompte à se dévêtir davantage et une série d'assassins constituent le reste des personnages des trois aventures de Sam Bot proposées dans ce volume : Ça me botte !, Non, ça me suffit ! et La famille Trucidos.
Bande-dessinée populaire publiée intitialement dans les années 70, Sam Bot multiplie les jeux de mots un peu lourds et les situations rocambolesques. Des procédés qui font sourire mais qui finissent par lasser en fin de volume.

La bouchère, tout en ingurgitant des saucisses crues, doit taire ses pulsions, parce qu'elle tient à la respectabilité de son tiroir-caisse. Mais c'est sans compter sur les événements improbables qui surgissent...
Le roman assez court est servi par des portraits stéréotypés à l'extrême de figures locales, telles la prof lesbienne ou l'apprenti abruti. La bouchère elle-même est un personnage qui nous fait à la fois rire, nous émeut (un peu !) et nous répugne avec son absolu mauvais goût. Un roman amusant.

Isabelle Lartigot

Vous pouvez adresser votre contribution jusqu'au 12 février minuit à redaction@neoplaisir.com Un jury composé de blogueurs départagera les récits et attribuera trois chèques cadeau de 100, 75 et 50 € valable dans la boutique. Neoplaisir (http://www.neoplaisir.com) attribuera son propre prix, un chèque cadeau de 75 €. Les résultats seront publiés le jour de la Saint-Valentin. A vos plumes !

Très beau livre, réjouissant et savoureux, à destiner aux amateurs de vin, cela s'entend, mais aussi à tous les amoureux des belles choses.

Quelques phrases merveilleuses comme ce "J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson." de Louis Aragon...


Savita Bhabhi est une bande dessinée qui est apparue depuis quelques mois sur le web et le site qui diffusait cette série a connu un véritable succès en Inde, jusqu'à son interdiction dans ce pays. Les aventures de Savita Bhabhi (littéralement "belle-soeur", avec une connotation de légéreté de comportement), comprennent plusieurs épisodes de trente pages environ en anglais. Les éditions Blanche proposent à présent de lire deux épisodes en français dans un volume intitulé Love in Bollywood : La fête et La visite.
Bande dessinée pornographique, richement colorée, Savita Bhabhi peut séduire par ses illustrations mais déçoit un peu par la faiblesse des scénarios proposés.

Grâce aux textes de liaison de Stéphane Ly-Cuong et au talent de comédienne de Vanessa, ce spectacle devient un one woman show où le personnage est une héroïne moderne ! Elle nous raconte ces déboires amoureux : quand Raoul ne la cogne pas, il l’emmène dans un établissement où bizarrement, tout le monde fait l’amour… On n’emploie pas encore le terme « club échangiste », mais tout y est. La jeune femme, pas si naïve, est finalement une croqueuse d’hommes qui fait la fête pour célébrer la vie : « Plus on est d’amis, plus on boit ». Même si elle décide parfois de noyer son chagrin dans Le tango stupéfiant : « Après trois semaines entières / De bonheur que rien n'altérait / Mon amant dont j'étais si fière / Un triste matin me plaquait / Pour calmer mon âme chagrine / Je résolus en un sursaut / De me piquer à la morphine / Ou de priser de la coco / Mais ça coûte cher tous ces machins / Alors pour fuir mon noir destin (…) J'ai prisé d'la naphtaline / Les cheveux hagards, l'œil hérissé / Je me suis mise à me fourrer / Des boules entières dans les narines / J'ai prisé d'la naphtaline (…) ».?On rit des paroles cocasses, on tremble pour notre amoureuse, on partage ses pensées… Quelle modernité ! De Je suis obsédée à Je suis pocharde, en passant par Je t’aime… les chansons se succèdent et nous ravissent.
Le metteur en scène n’a touché aucun texte, ils sont d’époque. Qui se souvient qu’au début du XXe siècle, des femmes parlaient de sexualité et de plaisir ? Qu’elles disaient ouvertement leur envie de champagne et d’amants ? Et qu’elles avaient du succès ! Quand Marie Dubas clamait « Je t’ai dans le sang, je t’ai dans la chair, je t’ai dans la peau… Pedro ! Pedro ! », cela en touchait plus d’une. De nos jours aussi. Dans la salle de spectacle, on finit par reprendre tous ensemble les refrains, et personne ne songe à l’ancienneté de ces créations. « Stéphane a fait un personnage à ma mesure, raconte Vanessa. Elle est peut-être plus excessive que moi dans la vie, mais je l’adore. Elle vit, elle se moque des conséquences, ce qui compte c’est « Carpe Diem ». Elle s’assume et en cela, elle est une femme moderne. »
Les scènes intermédiaires encrent la demoiselle dans la réalité et pour ne pas dénoter, les airs lyriques sont réinterprétés. Stéphane et Vanessa n’ont pas retrouvé toutes les partitions, le pianiste a donc dû réécrire certains morceaux, mais surtout : « nous avons réinventé un univers. L’interprétation de cette époque était très différente. Les artistes présentaient ces morceaux de manière beaucoup moins frivole. Elles étaient en recherche de liberté, alors que nous, nous l’avons obtenue ; nous sommes plus dans l’amusement. Le début du siècle était dans un climat difficile, surtout pour les femmes. Yvette Guilbert est d’ailleurs la première à avoir donné des récitals ! » Moins vital, le jeu n’en est pas moins sensuel. La croqueuse d’hommes chante les plaisirs de la vie et l’assume : « J’avais envie de transmettre cette joie de vivre, explique Vanessa. Les spectateurs passent un moment hors du temps, loin des remises en question de la vie quotidienne. » Et c’est réussi !
Bénédicte Crabouillet
Une femme qui aime les femmes
Vanessa Hidden est 1er prix d’opéra et chant lyrique au conservatoire de Paris et a toujours allié musique classique et spectacle. Meneuse de revue dans le spectacle Satine d’Emma Bus, elle avoue « adorer travailler avec les femmes et je trouve ça super d’être une nana. Le corps féminin est hallucinant et puis, je me connais bien, donc je suis bien avec les filles : je les comprends, elles me comprennent. Les danseuses de la revue sont mes alliées… J’aime cette idée de former une communauté ». La jolie brune est une belle plante parmi les plumes de la revue grâce à une existence très équilibrée : hygiène de vie indispensable, un mari aimant, une petite fille adorable… Vanessa jongle entre son emploi du temps de femme active, de mère et d’épouse. Sans oublier les cours de chant qu’elle donne pour les enfants, les adultes et… les femmes enceintes ! Maternité et bien-être son au coeur de sa philosophie. Elle nous confie d’ailleurs que le chant passe toujours par une bonne « mise en corps. Je me prépare grâce à la relaxation et au sport. Je suis prête physiquement pour monter sur scène. » Elle transmet ses techniques à ses élèves dans une ambiance très cocooning, où détente, écoute de soi et féminité sont l’essentiel. Voilà une artiste féminine qui nous prouve qu’on peut être épanouie professionnellement, en famille et en couple. Bravo !



Il n'y a pas de doute, les femmes se débrouillent très bien sur Internet ! On peut néanmoins regretter dans ce guide l'absence d'url pour poursuivre sur la toile les découvertes que l'on a faites sur le papier.

Autre vision du roman, Emmanuelle est aussi une bande-dessinée de Guido Crepax, à présent rééditée chez Delcourt : Crepax n'aimait pas le roman initial ? Il en a fait une oeuvre personnelle où à travers des dessins aux traits fins le personnage voyage dans un monde fait d'imaginaire... Expériences sexuelles et fantasmes se joignent, les limites du rêve et du réel deviennent floues.
Cette bande-dessinée est ainsi une très belle mise en scène avec une recherche particulière dans la mise en page : les dessins s'éparpillent, se chevauchent, se complètent dans une géométrie complexe porteuse de sens.

Le Père Jeannot s'enorgueillit de sa merveilleuse crèche, ex-voto de tous les paroissiens puisque chacun a déposé un objet et a consigné son souhait dans un cahier. Mais quelle crèche étrange ! Ces dunes, là, ne serait-ce pas des fesses ? Et cet ange qui se dandine... un vibromasseur ?!
Tous les santons et objets de la crèche ont leur histoire, drôle, touchante, pathétique. Le père Jeannot découvre que ce Noël est un Noël de sexe et ce ne sont pas ses paroissiens qui vont le démentir.
Un merveilleux livre qui nous faire rire aux éclats. Un "Noël de sexe" certes, mais aussi un Noël d'espérance, de sentiments et d'amour.


Pour glaner des idées ou comparer les siennes.

Chaque situation est clairement évoquée avec son niveau de difficulté, la solution, les conseils de l'expert et enfin le témoignage qui atteste de la véracité des propos.
Un petit livre hilarant dont vous pouvez retrouver l'actualité (entre autres) sur www.commentchier.com

Récolter des informations concernant des meurtres salaces qu'aurait commis la baronne et rester vigilent sont de l'ordre de sa mission, mais comment Morel peut-il garder la tête froide lorsqu'il est convié à de petites fêtes éminemment sexuelles, placé au milieu de jeunes intellos sans culotte qui le traitent d'obsédé ?
Roman truculent, plaisamment illustré, servi par un style jubilatoire. Excellent !

Mise en scène cocasse, géométrique, à la façon d'une publicité ancienne, clin d'oeil à une oeuvre, jeu autour de la gémellité : les possibilités sont multiples et l'imagination de Mallock et de Gueritot ne saurait se figer.
Un beau volume de plus de 200 pages avec photographies sur fond noir, introduction et conclusion en plusieurs langues.
Et si le livre ne vous suffit pas, des tirages sont en vente sur http://www.mallocketgueritot.com

Ce "distingué Fleev", personnage étrange et pervers, a un pouvoir d'attraction phénoménal sur les femmes qu'il choisit comme victimes. Le commissaire Steiner enquête sur de mystérieuses disparitions, sa longue chevelure de femme dissimulée sous un chapeau qu'il ne quitte pas. Ces deux êtres vont se croiser et s'affronter, alors même que le commissaire Steiner se trouve soumis à des pulsions qu'il ne contrôle pas.
Des scènes ouvertement sexuelles, des emprunts à la science-fiction, une histoire policière avec une dose de macabre, la révélation d'une identité refoulée... : la bande-dessinée ne se classe pas dans un genre défini mais puise là où l'imaginaire la conduit.


Hsi-Meng Sen, riche libertin, aime les banquets entre amis et surtout les femmes. Pour décupler sa virilité, il a recours à 110 pilules données par un moine. Hsi-Meng Sen est inépuisable et s'adonne avec frénésie à la luxure sous l'oeil jaloux de ses femmes légitimes souvent délaissées.
Dans cette bande-dessinée adaptée d'un roman anonyme chinois du XVIe siècle, le Jin Ming Pei, Magnus rend compte tout en contraste de noir et de blanc des attitudes et des sentiments d'un homme dépassé par l'idée de sa toute puissance, entouré d'amis qui le poussent vers une voie fatale, freiné ou encouragé par ses femmes aux caractères différenciés.

Un amour trop mortel, quatrième roman de Guillaume Perrotte, nous livre les pensées et obsessions d'un homme amoureux qui entraîne dans ses reconstitutions amant, amie ou inconnus, afin que tous participent à sa libération.

Les Confessions d'une femme mûre est une série de portraits et d'anecdotes. Un récit curieusement organisé en paragraphes et chapitres marquant l'appartenance à telle ou telle catégorie d'hommes. Un peu comme un album photos bien classé mais un peu froid.
Les portraits semblent ainsi manquer de développement, retombent après avoir esquissé quelques traits. Certains passages sont plaisants, d'autres ennuyeux : le reflet d'une vie.

On se surprend à découvrir des anecdotes qu'on ignorait sur sa propre ville, on regarde son lieu de villégiature d'un autre oeil, et on lorgne vers des destinations de vacances érotiques.
Un "premier tour de France érotique" réussi auquel on peut néanmoins reprocher son manque d'illustrations.

Revenant tout d'abord sur des aspects historiques, ethniques et culturels, Karl Mengel établit que l'attrait pour les deux sexes figure en bonne part dans les pratiques humaines (et animales d'ailleurs). Et même peut-être si l'on y regarde de plus près, dans certains cadres où la confrontation ou l'admiration de personnes de son propre sexe conduit à un attrait qui s'éloigne de l'hétérosexualité... Et que dire de la masturbation...? Si ces passages peuvent faire soulever nos sourcils, est-ce parce que cela nous semble totalement invraisemblable ou est-ce parce que ces idées nous mettent face à ce qui nous gêne ?
La norme bourgeoise du couple hétérosexuel a peut-être été fissurée par la revendication homosexuelle. Mais l'homosexualité s'est construite sur cette même binarité, pas opposition mais en se calquant sur le fonctionnement de la norme. Et de dire, de dénoncer, d'une part comme de l'autre le bisexuel comme une sorte de traître, de lâche, d'homosexuel qui s'ignore, d'infidèle puisqu'il traîne son sexe des deux côtés de la frontière (et ce, simultanément ?).
Quel est ce terme de "bi-sexuel", finalement ? Que désigne-t-il ? Sur quoi a-t-il été formé ? Qui ne dit mot consent et le bisexuel s'est trouvé enfermé dans le mot qui le désigne. Quoique la terminologie oscille, entre expressions imagées d'huile-vinaigre ou autres et nouveaux essais terminologiques. Entre toutes ces tentatives, K. Mengel choisit le vocable de "pansexualité". Pan, parce que le bisexuel est ouvert à tous (mais pas à toute pratique, d'où le refus du préfixe omni- qui semblerait trop vorace) sans cloisonnement, et en référence au personnage mythologique, ce qui prête à sourire quand on sait que Pan était justement bisexuel.
Le bisexuel, en définitive, est celui qui aime l'humanité, homme et femme, et ne se résigne pas à écarter les uns au profit des autres. Il est dans le "et", et non dans l'exclusion du "ou"...

Le cahier noir n'a pas été publié du vivant de Joé Bousquet. Il s'agit d'un récit inachevé où les phrases parfois se perdent...
Les tableaux s'y succèdent, se ressemblent, le récit semble sans fin d'une histoire toujours identique et toujours différente : jeune fille, amie ou soeur qu'il nomme parfois sa fille, dont la nudité se découvre, jeune fille pudique et honteuse ou malicieuse et coquette qui ôte sa culotte pour mieux se laisser fesser, dont la croupe s'illumine comme reflet d'une pureté et que le narrateur sodomise pour ouvrir à la lumière ce recoin plissé de son corps....
Les pensées obsédantes de l'écrivain deviennent pensées obsédantes du lecteur tant s'exerce une fascination pour la répétition, les légères divergences, les précisions apportées ou les inflexions profondes. Le cahier noir est un livre étrange et fascinant.

Après une rupture amoureuse et la nécessité de travailler pour payer son loyer, son alcool et ses cigarettes, Laure découvre le monde de la nuit où les fonctions mal définies de distraire le client laissent ouvertes bien des possibilités, encouragées tacitement par la patrone du lieu qui pousse à la consommation de bouteilles. Le champagne coule, le sperme aussi, chacun est satisfait tandis que Laure se blinde et sait que le bar est devenu une drogue, comme l'argent facile, comme l'alcool.
Le récit sans concession de Mélanie Muller décrit la dérive d'une femme fascinée par ce qui la répugne et entraînée malgré elle dans une spirale qui la mêne à la destruction. Hôtesse est un roman fort de lecture fluide, deux qualités qui en font un livre appréciable de cette rentrée.

Une plume blanche illustre la couverture et une plume blanche figure dans le livre : image de légéreté, de ce bien-être auquel on aspire, mais aussi objet pour caresser, car le toucher est primordial.
La rudesse de la mise en page et l'orthographe défaillante ne doivent pas cacher l'intérêt du volume : ces exercices, consciencieusement effectués, peuvent être indéniablement, que l'on pratique déjà soi-même ou pas la sophrologie, un bon moyen pour accéder au bien-être. Les pages théoriques par contre, nous semblent par l'absence de singularité du contenu, n'être qu'un énième volume voulant balayer l'ensemble des thèmes relatifs à la sexualité.
Blog de l'auteur : http://eclosion83136.canalblog.com (avec notamment extraits de l'ouvrage)

Quand Alicia découvre que Joris est marié, il est trop tard : il lui est aussi vital que l'air. Alicia suffoque alors d'être celle que l'on remise à l'heure du retour à la niche conjugale. Les années s'écoulent, oscillant entre élans de pur amour et désagrégation de ce nous qui existe davantage dans leurs rêves que dans les faits.
Ce roman aurait pu être banal. Il n'en est rien, tant les pensées et états d'âme de la narratrice se meuvent en nous, portés par une écriture qui sait dire la fragilité de l'existence.

Ce roman nous offre un personnage incomparable avec la troublante Thérèse, qui aime les hommes et les femmes, qui aime son fiancé Philippe, qui aime Francis, qui aime Florence qui aime elle-même Francis et en est aimé. Par quelque chemin que l'on passe, Thérèse est l'intersection, organisant, déplaçant les uns et les autres dans une chorégraphie dont le week-end au château n'est qu'une reproduction à une échelle dépassant ses propres désirs.
Et c'est nous qui tombons alors sous le charme de Thérèse, de son histoire, de sa logique qui ne cède à personne, de cette liberté qu'elle affiche.

Récit trépidant, Swinging Paris fait la part belle à ce personnage féminin au détriment du personnage de Nicolas, un peu fade, effacé tout au long du roman et qui ne semble émerger que lors d'une crise de jalousie suite aux amours de Caroline et d'un amant unique ou encore à la fin du récit où il reprend les rênes d'une sexualité basée sur un rapport de domination.
Malgré quelques longueurs, Swinging Paris reste un roman intéressant, ne serait-ce que pour sa part autobiographique, témoignage d'une vie parisienne nocturne des années 80.

Excellent roman, Toute nue est le récit d'une vie, sans pudeur et sans fard, premier livre traduit en français de la linguiste espagnole Lola Beccaria.

Rhonda Findling est psychothérapeute. Elle a rencontré de nombreuses femmes confrontées à ces relations épuisantes émotionnellement et s'appuie sur de nombreux cas concrets pour expliquer le fonctionnement de ces hommes et les solutions à apporter pour essayer de les faire changer si cela est possible ou au contraire les fuir, rompre et ne pas se laisser entraîner à retourner sous leur giron. Et puis à rencontrer quelqu'un d'autre, stable, fiable. Parce qu'il n'y a pas de fatalité et qu'un après est possible.


Quand on nait fille, on n'a pas nécessairement des rêves de fille, princesse et prince charmant, joli château et des « ils eurent beaucoup d'enfants ». Quand on se démarque de ces rêves, on se fait traiter de pute. Quand on engueule celui qui nous siffle aussi. Alors on se sert les coudes, banderoles en mains, entre sœurs. Quand on n'a pas sa main dans la chatte de l'autre et vis-versa.
Parce que dans ce livre, on ne fait pas l'amour, on baise, et les mots accompagnent le geste.


Cette année, Léo et Léa nous entraînent à Paris, à Londres, sur la côté d'Azur, à Venise sur les traces de Casanova et en Grèce pour réviser quelles ont été les conquêtes de Zeus...
Plus aéré et plus coloré que le cahier précédent, réel succès de librairie avec 15 000 exemplaires vendus, ces deuxièmes Cahiers de vacances érotiques feront à coup sûr, avec leur slogan "Ne bronzez pas idiot, bronzez sexy !", beaucoup d'adeptes.


Livre à destiner aux célibataires, à son petit frère, à son meilleur ami qui n'est toujours pas casé... ou à lire soi-même par curiosité. Est-ce que la mayonnaise prendrait sur soi ? Pas mal le premier courriel... Ensuite, il faut bien avouer qu'en ce qui me concerne, je risquerais de sombrer, selon les méthodes utilisées, dans le gouffre de la bonne copine à qui l'on peut tout confier ou dans celui de la « chieuse » qui refuse de donner son numéro de téléphone dès le deuxième courriel. Les chieuses comme moi ne méritent que l'on y consacre plus de temps (dixit Maxx), j'ai donc de la chance d'être déjà casée. Ouf ! Parce que s'il y a une idée à retenir aussi, c'est que l'homme ne doit pas laisser croire qu'il est totalement disponible : il doit se faire désirer. A la femme, intriguée par cette personnalité qui sort du lot, de le séduire...

Aliments aphrodisiaques ? Fortifiants ? Pas seulement. Ainsi au gré des anecdotes, on lit ou relit avec amusement le stratagème de Casanova qui recueille une huître qui a malencontreusement glissé dans le corsage d'une demoiselle ou l'histoire de la confection de dragées contenant des cheveux de sa belle, par ce même Casanova qui s'adonne à une forme de cannibalisme en mangeant celles-ci devant elle.
Les écrits du XVIIIe font passer les protagonistes aisément de la table au lit, quand on ne dévore pas l'autre, au sens figuré et parfois au sens propre, lorsque l'on déguste son nectar ou autre liqueur.

Ombre & Lumière, publié initialement sous le titre Shadow & Light, nous plonge dans le voyeurisme, nous lecteurs, en écho au comportement de tel personnage caché dans un placard pendant que sa petite amie se fait payer pour exécuter des fellations à la chaîne ou de telle autre qui filme les ébats adultérins de sa voisine : nous assistons à des scénarios élaborés par des personnages en quête de domination (thème récurrent), avides des sexe et de sperme dégoulinant.
Les images, de noir et de blanc, sont séparées du texte, semblent avoir une vie propre. La technique utilisée explique le réalisme des dessins : c'est d'après photographies que Quinn a opéré. Mais l'auteur et dessinateur souligne également en préface que des clins d'œil sont faits à la peinture. Et l'on retrouvera effectivement dans certaines poses alanguies un je-ne-sais-quoi de déjà contemplé ailleurs.
On pourra regretter des faiblesses passagères des récits qui après un long préambule laissent les phrases se succéder sans le rythme espéré, mais jamais mettre en doute la qualité des images, excellente.

Le vendredi de Sam est fait de recherches de ses ex sur un site de rencontres, de chat avec sa meilleure amie qui suit les progressions de ses rendez-vous pour le lendemain. Car c'est demain ou jamais qu'il reverra ses ex, les pires et les meilleures, celles qui l'ont quitté ou qu'il a quittées, celles qu'il préfèrerait éviter et les autres, celles qui se laisseront pénétrer dans une cabine d'essayage ou qui rechignent à le voir...
Roman à quatre mains, Demain est le récit de la mise en scène imaginaire de rendez-vous, avec l'oeil et la sensibilité, les mots de chaque personnage qui savoure son demain avant de pouvoir y goûter.

Avec beaucoup d'humour, Servane Vergy conseille toutes les apprenties serial-loveuses que nous pouvons être ou devenir, détaille les pratiques et les positions les plus attractives, les hommes les plus faciles à ferrer, les terrains de chasse idéaux et répond à la question parfois épineuse du comment se débarrasser de l'homme consommé.
Immoral ? Mais où est le mal puisqu'on se fait du bien ? Et puis la serial-loveuse est parfois la personne providentielle pour ces messieurs : pas d'attache, juste du vite fait bien fait. Qui s'en plaindrait ?

Guide pratique intéressant pour une initiation au strip tease qui manque néanmoins à mon goût de documentation et qui surtout aurait mérité des éclaircissements visuels autres que les simples illustrations : mais pour cela bien sûr, rien ne vaut un véritable cours comme ceux que propose l'école Artstrip...

Komomo explique au début du livre que le monde des geishas est mystérieux, secret et qu'il lui était difficile d'obtenir des informations. Son récit et les photographies qui l'accompagnent nous font découvrir son quotidien, ses états d'âme, son travail.
Ce journal d'une geisha est tout à la fois un récit personnel d'une grande sensibilité et une découverte des aspects traditionnels de la société japonaise.
Steph

Par de la musique déjà, avec plusieurs concerts dont le grand retour sur scène de Brisa Roché. Cette chanteuse de jazz, née de parents hippies en Californie a sorti son premier album en 2005. Son deuxième album en 2007, métissage de musiques, est qualifié de « sensuel » et « furieux » par la critique. Pour la soirée du 29 mai, son groupe présentera des titres de ces albums mais aussi des titres érotiques.
Vous pourrez également écouter Junesex et les titres de leur deuxième album Sex in Times of war, The Heavy et son chanteur et Dj Swaby, Patrick Vidal, le groupe Rex'n'roll et sa musique « Filthy sexy fuzz to fuck by » et enfin le Dj Dude, et ses musiques dansante électro érotique.
Dans la deuxième salle : massage, body painting et … émission de radio en direct par Jean Paul Bourre sur les liens entre l’érotisme et le LSD. Mais aussi un voyage audiovisuel érotique, la diffusion des reportages Shot by Kern (qui vous feront découvrir plusieurs séances de shooting d’un des plus grands photographes érotiques américains des années 90) et la projection de films érotiques cultes.
La nuit sera courte !

Et ce sont cent soixante pages de causerie drôle et érudite dont nous nous offrons la lecture, truffée de citations et anecdotes diverses sur des grands noms de la littérature française : Maupassant, Dumas, Hugo, Flaubert, Sand, Colette, Sartre... et de quelques auteurs étrangers : Wilde, Pouchkine...
C'est brillant et délectable, à l'image de ce bon mot de Flaubert au sujet de Maupassant, cité dans ce livre-même : « Guy m'a dit qu'en trois jours, il avait tiré dix-neuf coups, c'est beau mais j'ai peur qu'à la longue il s'en aille en sperme... »

Du 6 mai au 6 juin vous pourrez également découvrir au forum de la Bellevilloise l’exposition Art érotique du XXe siècle et acheter l’un des 100 lots mis en vente aux enchères le 7 juin.

L'amour brut est un très bon roman qui suit les états d'âme d'un personnage à la fois irritant et attachant en quête d'un amour totalisant.

La courbe des câlins et des disputes au fil du temps est-elle ascendante ou descendante ? Listes, courbes à remplir, photographies à placer : le Carnet de santé des amoureux se complète au fil du temps, à deux.

D'Oscar Wilde, vraiment ? Le roman a d'abord fait l'objet d'un jeu d'écriture à plusieurs mains, celles d'O. Wilde et celles de ses amis ou disciples. Mais, avant publication, le roman a semble-t-il été amplement remanié par le maître.
Teleny fut un roman caché, publié clandestinement du fait de son sujet : l'amour d'un homme pour un autre, l'amour de Camille Des Grieux pour le talentueux pianiste René Teleny et le récit de cet amour effectué par Des Grieux, interrogé, parfois interrompu par le narrateur.
Des Grieux revient ainsi à la naissance de cette passion, appel du destin contre lequel il ne peut combattre. Si la société condamne l'homosexualité, si celle-ci est considérée comme un péché, si la sodomie est un crime, que peut-il à cela ? « Avais-je donc commis un crime contre nature quand ma propre nature y trouvait paix et bonheur ? S'il en était ainsi, c'était la faute de mon sang, de mon tempérament, et non la mienne. » (p. 130)
Roman d'amour, Teleny est de lecture plaisante, exaltante même, malgré une fin hâtive avec Deus ex machina tragique. Roman à découvrir pour cerner une facette de l'écriture d'Oscar Wilde.

Le joyau est le récit d'une jeunesse à la sexualité débridée et le portrait d'une femme à la sensualité exacerbée. « Le livre le plus excitant de ces dernières années » ? Possible.

Le thème est récurrent, mais les situations divergent. A chacune d'appréhender, avec son vécu, les causes de ce manque de désir, à chacune de faire un travail sur elle-même pour comprendre sa vision de la sexualité et s'approprier le désir. Car le désir naît tout d'abord de soi-même : auto-érotisme, rêveries fantasmatiques qui ne doivent pas être stoppées à la sortie de l'adolescence mais prendre une orientation plus sexuelle à l'âge adulte, envie de séduire et d'être séduite, création d'une tension due à un manque, pensées positives face à la sexualité, considérations sur la gent masculine différente de ce que l'éducation aura laissé comme traces (le « méfie-toi des hommes, ils ne pensent qu'à ça »...).
L'arrivée d'un enfant ou la ménopause sont des phases cruciales pour la femme qui, bouleversée dans ses repères, est tentée de fusionner avec son bébé au détriment de sa relation de couple ou, dans le cas de la ménopause, de faire l'amalgame entre fin des règles, fin de la période où la fécondation est possible et fin de la sexualité, fin de la féminité...
Le mérite de ce livre est de ne pas nous présenter des théories abstraites. Des cas précis sont mentionnés, on découvre le récit de femmes qui à un moment de leur vie se remettent en cause, cherchent à comprendre leur sexualité et à la prendre en main. C'est autour de ces études de cas, avec un ancrage au réel, que le Dr Ghislaine Paris construit ses propos. Un livre essentiel sur le thème du désir féminin, à destination des femmes elles-mêmes, mais aussi des hommes, coincés entre leur volonté d'avoir une femme désirante et le malaise qu'ils peuvent ressentir face à l'image que renvoient ces femmes lorsqu'elles expriment leur désir.
Un désir si fragile est un ouvrage essentiel pour comprendre ce qu'est le désir au féminin.

Beaucoup de recettes époustouflantes faciles à réaliser, voilà ce que propose cet ouvrage dans une mise en page claire, avec une illustration en regard de la recette proposée. Vous pourrez ainsi proposer un cocktail orgasm, des cêpes en feuilleté, du saumon au curry vert thaï et même de délicieux desserts...
Un index termine ce livre de 87 pages.
Bon appétit !


Anne Hooper, sexologue anglaise, nous convie à visiter des positions sexuelles notifiées par ces différents textes, successivement. Son ouvrage se divise donc en quatre parties repérables par le coloris des pages.
Chaque position est nommée, rapidement expliquée et illustrée. Quelques pages s'intercalent pour proposer des techniques ou des citations extraites des différents textes référents.
En introduction, Anne Hooper suggère de se laisser guider par le hasard en ouvrant une page qui indiquerait la position à réaliser. (Encore faut-il que celle-ci soit réalisable...)
Kama Sutra – Secrets de l'extase sexuelle est un volume épais de 360 pages, comprenant donc de multiples positions photographiées. On regrette néanmoins la place minimale de l'écrit et l'absence de présentation des différents textes référents moins connus que le Kama Sutra.
Définir, faire comprendre, transmettre sont les leitmotiv de cet essai, parce que l'éducation à la sexualité n'est pas innée, parce qu'elle manque de mots, de dialogues.
Définissons justement : l'orgasme est issu de caresses clitoridiennes ou liée à l'éjaculation chez l'homme, elle est de courte durée, accompagnée de contractions, de spasmes qui produisent justement chez l'homme l'éjaculation. Il met fin au désir sexuel, rassasie. Jean-Claude Piquard récuse ainsi la pensée selon laquelle l'homme pourrait avoir un orgasme sans éjaculation. Il s'agirait de pic de jouissance selon l'essayiste. La jouissance chez la femme serait liée à la pénétration et, chez l'homme comme chez la femme, elle se manifesterait par des moments de plaisir par vagues, de durée assez longue.
Repères historiques et mise en avant de la masturbation complètent les informations délivrées par ce volume de cent pages environ.
On peut n'être pas d'accord avec tout ce que J-C Piquard énonce, mais on doit reconnaître à cet auteur le mérite de poser des questions pertinentes, de tenter d'y répondre, parfois même sous forme d'hypothèses : le savoir dans le domaine de la sexualité n'est pas clos, beaucoup de faits sont à découvrir et il convient aussi de s'interroger soi-même...
Steph

L'eau à la bouche, c'est à la fois la diversité des trames narratives (scène de jalousie qui se conclut sur un amour saphique, métamorphose d'une campagnarde en louve aguicheuse, filature d'une femme étrangement provocante sous ses dehors austères, scène de masturbation sur un banc public, extase d'une nuit de Noël...) et les similitudes de l'écriture : références littéraires notées ou en filigrane, mots dont les personnages ou l'auteur se délectent (dont le mot « croupe » qui rebondit de nouvelle en nouvelle), rythme des phrases...
Servies par une belle plume, ces odes au désir captivent leur lecteur. Qui aime la littérature érotique aimera L'eau à la bouche.

Clarté d'expression, courts chapitres, évocation de diverses pratiques sexuelles avec des points plus approfondis comme celui consacré au cunnilingus, schémas des positions qu'il est possible d'adopter, pour le cunnilingus donc, mais aussi pour la pénétration et pour l'anulingus, informations sur les sextoys, sur les MST...
Le livre est petit, mais dense dans les thèmes abordés et facile d'accès. Plus en tout cas que le vagin de ces dames, parce que pour parvenir à ses fins, l'homme et son pénis devront préalablement user de finesse, d'humour, d'imagination, de connaissances, et mettre à plat certaines idées reçues. Entre autres : que les couples de lesbiennes seraient en manque d'un homme pour qu'elles goûtent enfin aux joies de la pénétration virile et toutes les idées absurdes qui entourent le fantasme très masculin des deux femmes au seul service de monsieur.
A laisser traîner sur la table de chevet pour que votre chéri y picore des idées, à offrir au bon copain célibataire, ou à lire tout simplement soi-même (pourquoi pas ?) pour y découvrir ou se rappeler quelques vérités.

Furioza est un roman tranchant, de rythme soutenu, sans détour de langage. Le deuxième roman de cette jeune auteure, après Cash Sexe.

Marie relate sa vie, celle de son ex-mari, Lucas, homme à l'ambition politique plus grande que sa stature qui l'a quittée pour une autre femme, et la vie de cette dernière, Priscilla, son amie. Elle narre surtout la vie sexuelle de Lucas, insatiable, brutal, ajoutant « une poule de plus à [s]on poulailler » quand bon lui semble.
La vie sexuelle du président jongle avec l'écriture érotique et le récit grinçant des dessous peu ragoûtants, contraires à l'image officielle que donnent des personnages placés sur le devant de la scène.

Peggy Sastre évoque ainsi la prostitution, le viol, la sexualité liée à la procréation, la contraception... autant de thèmes qui montrent que l'évolution de la femme doit s'affranchir de ce pour quoi elle semble naturellement faite, de sortir du cycle de l'enfantement pensé comme réalisation de sa féminité.
Ex utero est un ouvrage déconcertant : les premières pages laissent interrogateur sur le développement de la thèse, les sources hétéroclites et le cheminement proposés peuvent nous laisser penser que nous nous trouvons au sein même du dédale évoqué en avant-propos. Cependant, la progression existe et les thèmes évoqués sont propres à nous faire réfléchir et réagir. L'indifférence n'est pas de mise avec un tel ouvrage, que l'on partage ou non l'opinion de son auteur.
Steph

Seulement, l'être humain se plie-t-il tellement à une norme de genre ? Chaque être humain n'a-t-il pas son fonctionnement propre ? Ne sommes-nous pas régis par des désirs, des pulsions souvent contraires à la raison ?
Toi Mars, moi Vénus ou le contraire anéantit le rêve (ou le cauchemar !) d'une vie toute tracée, sans désir, sans originalité, qui correspondrait le mieux aux codes définis par le sexe auquel nous appartenons. Ce livre expose ce qu'est la relation amoureuse avec ses peurs, ses ignorances et l'irrationnelle attirance pour l'autre. C'est parce que chacun est différent, que chacun vient de sa propre planète que les êtres humains sont heureusement créatifs et amoureux des choses et des êtres.

Nous nous laissons flotter au gré des bribes de narration de ce que fut et de ce qu’est cette femme indépendante qui semble pourtant vouloir par moments se raccrocher : à sa maison dans le Finistère, à son personnage Chavance, à certains souvenirs. A un homme aussi qui a le « goût du miracle ».
Equation d’un miracle est un roman court, doucement limpide. Un très beau récit.

Une idée érotique par jour est une anthologie de citations érotiques issues de poèmes pour la plupart mais également de Vatsyayana, auteur du Kama Sutra.
A chaque page sa citation sur fond coloré et son illustration : chinoiseries, motifs géométriques...
Une courte lecture par journée. Au-delà, serait-ce trop ?
Conserve tes vers pour une autre muse
Qui se montera mieux le bourrichon.
Ce n'est pas cela, mon cher, qui m'amuse :
Sois moins poète et beaucoup plus cochon.
(Alfred Dalvau cité p. 89)

Georges Lebouc, linguiste, raconte, non sans malice, la séduction, l'anatomie masculine et féminine, les rapports sexuels avec les mots de pays aussi divers que le Gabon, l'Algérie, la Suisse, la Côte d'Ivoire...
A la fin de chaque chapitre thématique vient l'heure des faux-amis, classés par initiale. Enfin, un lexique permet de trouver la traduction des termes indigènes.
Instructif et amusant, ce dictionnaire de la francophonie donne probablement la palme de l'inventivité au Québec. La vitalité de la langue française dépasse amplement les frontières de l'hexagone.

Y alternent doubles pages exposant les meilleurs positions accompagnées d'un court texte : (comment faire ?, pourquoi le faire ?, pincée de piment!), des positions expliquées en trois ou quatre étapes avec photographie pour chaque étape, et de multiples conseils issus du texte originel mais adaptés par Tracey Cox pour les rendre plus actuels : vous saurez ainsi comment rendre une fellation exceptionnelle, comment alterner les mouvements de va-et-vient, comment masturber l'autre et même comment le mordre...
Érotique, exotique, exaltant, exhibitionniste, expert : cinq parties en crescendo pour passer d'une position classique du missionnaire avec ses variantes à des positions les plus acrobatiques.
Un guide qui offre une lecture décontractée et passionnante du Kama Sutra.
Steph

Nouvelle constituée de 31 sections qui font parfois penser à des poèmes en prose, Téléphones & Tangos raconte l'histoire d'une relation entre la narratrice et P., relation faite d'appels téléphoniques quotidiens depuis dix ans.
P., à défaut de Jack Nicholson, en remplacement ou en complément d'autres amants, puisque la vie est ainsi faite de rêves et de réalités...
Dans cette nouvelle, les mots ne semblent pas anodins : le vocabulaire le plus recherché côtoie les mots les plus quotidiens, voire des mots plus crus. Téléphones & Tangos est un récit qui captive dans ses premières sections mais qui semble, et c'est dommage, finir par s'essouffler et égarer son lecteur.

Inspiré du roman « Laisse tomber, il te mérite pas » de Greg Behrendt et Liz Tuccillo, ce long métrage met l'accent sur l'éternelle incompréhension qu'il existe entre hommes et femmes. Le découpage du film est à la fois drôle et original car plusieurs problématiques sont mises en avant : « S'il ne vous appelle pas », « s'il ne couche pas avec vous », « s'il ne vous épouse pas », « s'il couche avec une autre ». Dans toutes ses situations, il y a une seule et même conclusion : vous ne l'intéressez pas. A moins, que vous ne soyez l'exception qui confirme la règle.
Ken Kwapis a réalisé une comédie romantique moderne et réjouissante. On rit et on réfléchit…
Delphine Malem
crédit photo : © Metropolitan FilmExport

Lorsqu'un patron de boîte de strip-tease est assassiné et que le frère de ce dernier, persuadé d'avoir trouvé la coupable, menace de tuer son amie, Simone promet de trouver le véritable coupable et de le servir sur un plateau. Facile de s'infiltrer dans le milieu quand on en fait soi-même partie... Simone est néanmoins bien moins fanfaron quand elle se retrouve face à de faux-clients policiers, obligée d'uriner dans une bouteille cachée dans une voiture pendant une filature, et surtout liquéfiée par le désir pour un rockeur tatoué.
Une ex-strip-teaseuse est l'auteur de ce livre couronné par un prix en Australie.
Essayez de vous décoller du livre une fois que vous l'aurez commencé : avec ses rebondissements en série, ses personnages haut en couleur et son humour, Strip tease est un très bon roman. « Ses nuits sont encore plus chaudes depuis qu'elle traque le crime » en est le sous-titre. Et il est bien choisi.

Un livre amusant, illustré, pertinent et impertinent mais aussi un guide pour celles qui ignorent les trésors que recèle la capitale.
Steph

Panda Sex est un ensemble déconcertant de paroles et de réflexions principalement sur l'amour et le sexe, un texte qui frôle les choses et les êtres, superficiellement. Un théâtre d'ombre.
Roman traduit du chinois avec des modifications apportées pour sa publication en français, Panda Sex semble manquer de souffle. Après le remarqué Bonbons chinois publié en 2001, c'est dommage...

L'œuvre d'Anaïs Nin, publiée dans les années 40, a pour particularité de mêler érotisme, portrait et étude de mœurs. Ces récits sont datés, bien sûr, prêtent parfois à sourire, proposent une chute souvent déconcertante, mais sont d'une écriture fouillée et minutieuse, curieusement audacieux, parfois dérangeants lorsqu'ils mêlent crimes et sexualité notamment.
Venus erotica est une œuvre à découvrir : Anaïs Nin est une des premières femmes à oser l'écriture érotique...
Steph

Dans ce roman, les poupées russes ne font pas que sortir leurs fourrures... « Mes amies vivent de belles histoires d'amour et moi, je mijote un nouveau meurtre. » Les lecteurs ne sont ainsi pas au bout de leurs surprises...
Rocambolesque, caustique et savoureux.

Yamato Nadeshiko est un shôjo manga (autrement dit manga pour adolescentes) qui explore le thème du manque d'estime de soi à travers l'histoire d'une jeune fille, Sunako, qui fuit la lumière et le regard d'autrui après une déception amoureuse, mais qui, obligée de séjourner chez sa tante avec quatre jeunes gens, va être amenée par ceux-ci à reconsidérer sa laideur apparente pour devenir une « lady ». Du moins est-ce la mission de ces jeunes gens qui se verront gratifier d'un hébergement gratuit s'ils y parviennent...
Le thème de l'intrusion d'un personnage masculin dans une pension de jeunes filles constituait le sujet du manga Love hina. Yamato Nadeshiko propose une inversion de ces rôles, en ajoutant une touche de My fair lady...
Les quatre jeunes gens à la silhouette longiligne, sont d'apparence quasi-féminine, ce qui sert le scénario du premier volume. Par opposition, la jeune Sunako se bat, regarde des films d'horreur, et aurait donc un comportement plus « masculin ». La frontière entre masculin et féminin semble donc parfois assez difficile à fixer.
De même, l'opposition manichéenne entre êtres de lumière, autrement dit à la beauté éblouissante, et êtres de l'ombre dont Sunako est la seule représentante n'a de place que dans l'esprit de la jeune fille. La véritable laideur est celle que l'on crée soi-même en se méprisant.
Steph

Gary Chapman, conseiller conjugal qui anime des séminaires sur le couple et son devenir, écoute des hommes et des femmes narrer leurs difficultés et les aide à les surmonter grâce à sa théorie des cinq langages de l'amour.
Chaque individu possède un « langage de l'amour » dominant, celui des paroles valorisantes, des moments de qualité, des cadeaux, des services rendus ou encore du toucher. Si ce langage n'est pas celui de son ou de sa partenaire, comment se comprendre ? Comment faire savoir à l'autre qu'on l'aime ? Donc, à chacun d'apprendre le langage auquel l'autre est sensible pour créer une harmonie amoureuse, pour remplir les « réservoirs affectifs ».
Dans un discours clair qui mêle analyses, conseils et témoignages, Gary Chapman réalise avec ce « best seller international » (ainsi est présenté l'ouvrage) un guide intéressant et relativement facile à appliquer dans son propre couple.
L'ouvrage se conclut sur des paroles optimistes : « Je rêve personnellement du jour où les couples mariés vivront avec des réservoirs émotionnels remplis et s'acquitteront efficacement de leur mission individuelle et conjugale. [...] Mon désir est que ce modeste livre allume ou ranime la flamme de l'amour dans votre vie de couple et dans celle de milliers de foyers comme le vôtre. » (p. 212).
Simple, plein de bonnes intentions, le livre peut faire des émules… mais hors du mariage pas d'amour et hors de Dieu, pas de salut. Sans compter que l'on peut lire dans les êtres humains comme dans un livre et que chacun se range sous un type bien précis de communication amoureuse. Séduisant mais un brin simplificateur...


Adriana, collectionneuse d'aventures, Emmy, qui ne pense qu'à avoir mari et enfants et Leigh, névrosée et prise dans l'engrenage d'une relation sans étincelle, toutes trois amies de longue date, font le pari de pouvoir changer radicalement leur vie. S'il suffisait de le vouloir ?
L'auteur de Le diable s'habille en Prada revient avec un roman enjoué, un peu convenu mais distrayant, et nous entraîne à suivre les péripéties de chacune de ces femmes qui, à l'aube de la trentaine, réalisent que des changements radicaux s'imposent dans leur vision des hommes en général et du leur en particulier.
Steph

Femmes dont on ne découvre que le visage ou tout le corps, femmes-gourmandises, femmes-fetish, femmes naturelles ou sophistiquées, maquillées à outrance, ingénues, femmes-paons...
La diversité des lieux est aussi de mise : décor neutre, intérieur, extérieur. Carrelage de damiers qui trouve son reflet jusque sur des sous-vêtements, grillage reproduit sur des catsuits.
Une photographie semble trouver son écho dans une autre, un réseau se forme : le volume ne serait-il finalement pas une oeuvre unifiée ?
Steph

Sur l'adage: « dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es », les deux auteurs de Bon appétit Mr. Bond, Vincent Chenille (historien et spécialiste des représentations alimentaires au cinéma) et Claire Dixsaut (auteur notamment de romans policiers gastronomiques) exposent la face cachée de Bond en analysant, une à une, les scènes où l'agent mange, boit ou au contraire refuse de la nourriture.
Les romans et films sont ainsi décortiqués et on redécouvre les scènes sous un autre angle. Cette grille de lecture est passionnante et les magnifiques illustrations de ce livre ajoutent au plaisir. On découvre un James épicurien, qui autant que les belles femmes, aime les bons vins (et oui il ne boit pas que du martini) et les bons plats. Luxe, plaisir et volupté !

La préface, écrite par le photographe, revient sur les femmes qui ont accepté de poser : « Qu'avaient-elles à y gagner ? Vivre quelque chose de différent. Une aventure, une expérience, une parenthèse. Se découvrir un autre visage, fut-il de carton-pâte. Se livrer à un autre regard, inédit, attentif, directif parfois, admiratif le plus souvent. Être une autre, anonyme et, de là, insouciante, séduisante, indécente. Différente. Belle ? Assurément ! »
Assurément belles, en effet, avec ces masques qui les rendent autres.
Un superbe livre de petit format avec un tirage offert en fin de volume.
Steph

« Nous étions lâchées au coeur de la ville la plus fascinante du monde, entassées dans une chambre de trois mètres sur quatre. Le dortoir était devenu notre home sweet home. Ce livre relate l'histoire de cet endroit : hypocrisie, fellations diverses, régime prococaïne, grossesses clandestines, bouteilles de champagne à mille dollars, riches patrons français de boîtes de nuit, larmes, haute couture, etc. » (p. 12).
Avec ses camarades de chambre, toutes mannequins ou désirant le devenir, Heather découvre la vie de luxe qui côtoie le logement sale et l'absence de papier toilette, les rassemblements de bétail, les boîtes à la mode, les cachotteries, les rivalités, les dénonciations, mais aussi l'affirmation de son goût pour l'art. A cheval entre deux mondes, celui de la mode et celui de l'art, Heather parviendra-t-elle à réaliser son rêve ?
Roman écrit à deux mains par une ex-mannequin, Amanda Kerlin, étudiante en histoire de l'art, et Phil Oh, diplômé d'histoire, passionné de mode et DJ, Secrets, mensonges et haute couture est un roman léger, divertissant, jouant et déjouant des clichés.
Steph

Sextoys story de Vincent Vidal arrive pile dans les rayons des librairies pour les fêtes de fin d'année : petit, joli, léger de ton et de contenu, illustré voire ultra-coloré, le livre peut plaire. « Plaisir d'offrir » semble un leitmotiv du livre, par ailleurs.
Seulement, où est la « story » ? Sont-ce les quelques pages rédigées qui la constituent ? Sont-ce les petites histoires, anecdotes jetées en vrac sur des pages à fond noir ? Ou serait-ce les très nombreuses pages d'illustrations de sextoys qui la narreraient mieux que le texte ?
A lire les annotations de ces pages d'illustrations dignes de celles d'un magazine justement consacré aux sextoys, on est en droit de se demander si la démarche n'est pas plus commerciale qu'informative. Nombre de sextoys plutôt mauvais sont présentés en termes élogieux, sous forme de slogans. Le livre nous informe aussi de l'existence de réunions à domicile pour pouvoir acheter en toute quiétude des sextoys, avec une boutique désignée : « pour en savoir plus ou devenir ambassadrice », suit l'url du site, p. 116.
Un glossaire termine l'ouvrage. Pratique quoique rudimentaire.
A offrir ou à s'offrir si l'on aime les livres d'images.
Steph

Bande-dessinée crue et cruelle, fascinante par les ressorts de l'imaginaire et les contrastes du noir et du blanc, L'enquêteuse est la dernière ½uvre de Georges Pichard. Comme le narre Clorinde en première page de la narration de ses aventures : « à ne pas mettre entre toutes les mains. »
Steph

Ulysse, sexothérapeute, entreprend une quête : comprendre les femmes et leur plaisir, comprendre la masturbation et l'orgasme féminins. Il interroge donc des femmes et des hommes, connus ou inconnus. La trame romanesque s'interrompt alors pour faire place aux témoignages de personnes rencontrées mais aussi aux réflexions de ce sexothérapeute :
« Nous avons voulu croire à une sexualité féminine qui serait en creux, en réception, en attente, en acceptation... Elle se dessine en jaillissement ! »
L'odyssée est ainsi faite de surprises, de découvertes, d'ignorances aussi, et surtout d'écoute de ce que les femmes ont à dire sur leur propre corps.
Steph

Sylvie Chaperon réalise dans son ouvrage une synthèse des principaux cas évoqués dans ces ouvrages médicaux.
Les perversions sexuelles sont bien entendu celles que l'on entend au XIXe siècle et donc, parmi celles-ci, ce que nous ne considérons plus comme telles à présent. Sont répertoriés avec plus ou moins d'exemples des cas d'onanisme (toute une littérature médicale entoure ce thème, avec description des effets de la masturbation comme la dégénérescence physique et les remèdes barbares apportés comme la clitoridectomie), de nymphomanie, d'érotomanie qui se distingue du cas précédent par l'absence de passage à l'acte, de frigidité, de bestialité/zoophilie, de nécrophilie bien que le seul cas mentionné ne montre pas réellement une perversion sexuelle, d'exhibitionnisme qui ne trouve qu'un seul écho dans un souvenir d'un médecin, de saphisme/inversion sexuelle, de fétichisme et de pédophilie.
Sylvie Chaperon amène chaque partie de l'ouvrage et chaque citation d'observation médicale par un historique et une mise en contexte.
La médecine du sexe et les femmes est une anthologie utile pour qui souhaite s'intéresser à l'histoire de la sexualité féminine.

Plum Sykes signe, après Blonde attitude, un roman délicieusement superficiel et drôle, qui arrive juste à temps en collection de poche pour pouvoir l'emporter dans ses bagages.


Ce clitoris dénigré par l'histoire réapparait en effet au grand jour et prend sa revanche sous la plume de Maïa Mazaurette et de Damien Mascret.
Car, pour ces auteurs, le clitoris a souffert et souffre encore d'une « excision culturelle ». En d'autres termes, le clitoris a été dénigré, oublié, avili.
Cette excision culturelle a été tout d'abord le fait de Freud et de ses adeptes : la femme en manque de pénis, la femme qui passerait enfin au stade de la féminité quand elle accepterait de déloger le centre du plaisir en oubliant le clitoris pour la seule pénétration et le plaisir vaginal.
Cette nécessaire pénétration, seule scène réellement spectaculaire puisque le clitoris est trop petit, impossible à filmer, devient le but de tout film pornographique. Le clitoris y est oublié, sauf dans d'éventuels préliminaires pour permettre une lubrification qui permet d'enchaîner avec... la pénétration bien sûr.
L'éducation des enfants, des adolescents, met l'accent sur la reproduction, donc la pénétration. On ne parle pas de plaisir, et donc jamais de clitoris. Et ceux qui cherchent une source d'information autre que venant de parents démissionnaires ou de l'école qui ne sait comment aborder le sujet se tournent vers la pornographie. Or, la pornographie exclut le clitoris.
Suivent ensuite dans ce volume l'évocation de problèmes sexuels chez la femme et la constatation de la primauté de la pénétration, l'orgasme clitoridien étant considéré comme un orgasme de deuxième ordre. A ce mythe de la pénétration toute puissante s'associe le mythe de la jouissance simultanée. Il faut qu'une femme jouisse par pénétration et qu'elle jouisse en même temps que son partenaire. Que d'impératifs !
A côté de cela, la masturbation féminine est dévalorisée. Combien de femmes acceptent d'avouer (l'aveu, comme si c'était un péché !) qu'elles se masturbent ? La masturbation est perçue comme une « pratique de la « pauvre fille » plutôt qu'une autonomie sexuelle ».
Cependant, les moeurs évoluent, les opinions changent, le clitoris fait de plus en plus souvent l'objet d'articles de presse, de recherches. Le clitoris sort de l'ombre, la révolution clitoridienne est en marche et on ne peut que s'en réjouir...
Instructif, très bien documenté sans que ces références ne soient lourdes, sans que le sérieux du propos n'occulte un ton délibérément léger et sautillant, ce petit volume est une réussite. A lire pour s'instruire, pour retrouver confiance en soi, pour oser s'affirmer clitoridienne à ses propres yeux et aux yeux de son partenaire, car après tout, ce n'est pas une tare, loin de là !
Steph

Ce livre propose l'histoire d'une vie à travers le vécu des seins de la narratrice. Un livre amusant et fort sein-pathique.
Steph

Après une première partie consacrée à son origine et à ses principes, Suzanne Heumann nous livre 64 combinaisons pour des rapports toujours plus surprenants et excitants. Au détour des pages, vous apprendrez de nouvelles techniques pour embrasser, caresser et même mordre ou griffer votre partenaire. Bien sûr, vous trouverez aussi les différentes positions sexuelles illustrées avec des photos néanmoins un peu kitsch. Le petit plus du livre, un côté vivant grâce aux témoignages de couples relatant leurs expériences. Après avoir dévoré ce livre, le « vol du papillon », le « bourdon sur la fleur » ou le « Yoni Yantra » n'auront plus aucun secret pour vous.



Trois chapitres explicitent le bien fondé de la fessée au sein d'un couple et sa nécessaire régularité à vertu thérapeutique : pas de réconciliation sur l'oreiller, jamais, mais comme il vaut mieux prévenir que guérir, la fessée a le goût d'un traitement homéopathique. J. Serguine explique jusqu'au choix de la position pour donner cette fessée, de la tenue vestimentaire idéale -culotte couvrante blanche ou noire sans matière synthétique, il raconte sa vision de la fessée, sa pratique ordinaire mais jamais banale, à tel point que chaque vendredi le tient fébrile, dans l'attente de ce moment partagé. Un livre qui fait de la fessée un réel acte d'amour.
Saveur d'un témoignage d'un partisan convaincu et convaincant.




A noter que l'héroïne se dévoile un peu plus dans ce tome. Nous la voyons réellement confrontée à des problèmes comme le grand amour (toujours lui !), les opinions politiques pas faciles à assumer, et la paumitude d'une trentenaire face à la vie. Tout... Simplement ?


Chaque chapitre s'ouvre par des citations de Mahomet et de Freud sur le désir, la sexualité, son accomplissement ou son refoulement.
C'est une découverte culturelle et sexuelle que propose Louis dans ces festivités, celle du monde arabo-musulman et de ses écrits licencieux, Mille et une nuits, Jardin parfumé et Coran.
Les agapes ou spectacles sont sources de discussions, de théorisations et d'orgies sexuelles pour ces invités affranchis des contraintes du corps et de l'esprit : « les fantasmes refoulés des dizaines d'années durant prenant le dessus -je m'aperçus que Louis faisait fonctionner toute cette party comme une sorte de chute du mur de la censure-, ils se glissèrent peu à peu sans rien dire dans les habitacles du plaisir promis et souterrain. »
Jusqu'à la date fatidique de l'anniversaire.

Antoine vit d'expédients, fuit sa vie rangée. Sa sexualité est ailleurs : dans ses fantasmes qui l'étouffent au point qu'il lui faut les réaliser, dans la proximité d'autres corps sans identité dans des boîtes échangistes. Jusqu'à la découverte du désir d'un être humain particulier, d'une femme avec sa vie, son vécu. C'est alors que tout éclate, qu'Antoine comprend que sa double vie n'a plus lieu d'être. Il fait le récit de cette découverte et de ses doutes à une femme qui décide de narrer cette vie, non pas avec ses mots à lui mais avec sa propre sensibilité et sa propre interprétation.
Double vie est un excellent roman. Progressant par touches, il dessine le portrait d'un homme pris dans les incertitudes de sa sexualité, qui découvre une part de féminité et renaît de cette découverte.

Jane Hunt articule autour de neuf chapitres, un prologue et une conclusion l'évocation d'une pratique autrefois tabou, voire condamnée, et actuellement en pleine réhabilitation : la masturbation féminine. L'auteur justifie la nécessité actuelle d'un livre sur ce sujet en ces termes : « notre petit livre s'avère - encore - nécessaire. Les femmes ont besoin de se documenter encore et encore. [...] les anciennes peurs et les interdits, lourds de 150 années de désinformation sur le sujet, perdurent. »
L'intention est louable, les explications fournies quant à l'anatomie de la femme ou les techniques de masturbation bienvenues... Mais plusieurs points ont arrêté ma lecture, tant j'ai été agacée :
- la vision de l'homme. Bien que je veuille bien admettre que certains individus ne pensent probablement qu'égoïstement à leur propre plaisir, faut-il englober la gent masculine toute entière et sans cesse rappeler des critiques négatives à son encontre ? Exemples de propos tenus : « éternel ethnocentrisme masculin » (p. 46), « cette éternelle paresse de l'homme à nous satisfaire » (p. 65), le conseil un peu particulier de « changer de mec » comme à la page 73 si l'homme ne nous satisfait pas, la remarque « les hommes adorent tout contrôler et surtout nous » (p.108) et j'en passe.
- l'absence de références précises. Beaucoup de citations égaient le texte. Certaines sont empruntées au Rapport Hite. Quid des autres ? Parfois apparaissent un prénom et un âge, mais on ignore si les propos sont oraux ou écrits et d'où ils proviennent exactement. Certes, l'ouvrage n'a pas de prétention scientifique, mais quelques précisions me semblent s'imposer tout de même. Lorsque Jane Hunt aborde le sujet de la baisse de libido lors de l'utilisation d'antidépresseurs, on aurait également apprécié une caution autre que ses propres dires.
- quelques plaisanteries peu drôles voire pas du tout, des métaphores ampoulées qui n'apportent rien et qui alourdissent l'écriture. Un petit exemple de plaisanterie à propos de la masturbation sous la douche : « Pour plus de sûreté, épousez un plombier. » (p. 58).
- des pratiques jugées masochistes un peu arbitrairement. J'ai ainsi appris que l'on pouvait « s'administrer une petite fessée, pour les plus masos d'entre nous » (p.33), que l'utilisation d'un gode-ceinture s'apparentait à une pratique « SM » (p. 65), et que la masturbation en position allongée sur le ventre avait également un caractère masochiste puisque la femme qui se plaçait ainsi était à la merci d'un danger venu de l'extérieur (p. 49).
- un a priori sur les sextoys. L'auteur explique clairement qu'elle n'aime pas les sextoys : « le gode, pour ce qu'il affiche d'industriel, de formaté et de mécanique, n'est pas ma tasse de thé », le tout en caractères gras, pp. 64-65. J'ai envie de répondre que c'est son droit le plus strict. Mais de là à les dénigrer comme J. Hunt le fait... Je cite la page 66 : « Entrez dans un sex-shop, vous aurez l'impression d'être dans une boutique de souvenirs d'Eurodisney. » Effectivement, quand j'en utilise, je porte même un masque de Mickey, aurais-je envie de répondre. Les godes sont donc des objets en plastique (« le plastique est roi », p. 66, « un bout de plastique froid et raide », p. 72) - je précise bien sûr que ce n'est pas le cas de tous, loin de là... et sont des objets inutiles, ne pouvant égaler l'orgasme produit avec un homme : « il sera, avec ses doigts, bien plus efficace qu'un gode » (p. 115). Pour être une utilisatrice assidue de sextoys et ayant aussi un homme à la maison, je ne serais pas aussi affirmative sur le sujet. Disons que je n'ai pas d'a priori négatifs sur les sextoys qui me conduiraient à une affirmation telle que la profère J. Hunt.
Mon commentaire sur ce volume s'arrêtera là. A chacun sa lecture, la vôtre sera peut-être moins critique que la mienne.
Steph

La sexualité chinoise requiert d'un art de vivre, avec son mobilier comme le tabouret de printemps disposé dans la chambre à coucher, avec ses objets : godemichés, coffrets intimes représentant le coït, albums d'images érotiques pour susciter le désir. Selon les dynasties, la licence sexuelle pouvait être réprimée ou non, il y eut le temps des eunuques et de leur influence au palais, le temps d'une clémence pour l'homosexualité chez les notables et chez certains peuples.
Les positions amoureuses ont fait l'objet de descriptions précises, d'illustrations, de noms imagés, et trouvent place dans une littérature érotique considérée comme genre littéraire de premier ordre. La sexualité a été perçue comme l'union du yin et du yang, le yang devant recueillir l'énergie du yin sans se défaire de la sienne par l'éjaculation.
Rédigé par Liu Dalin, sociologue et sexologue à l'origine de l'ouverture du premier musée du sexe en Chine, ce livre nous offre le dépaysement d'une culture riche et fascinante.
Steph

Josie, jusqu'alors prisonnière de ses fantasmes, les met à jour avec Devesh, qui la domine dans des jeux dangereux. Mais si Devesh peut se passer de ces jeux, ce n'est pas son cas. Quand le plaisir d'être châtiée rejoint le désir de faire mal, Josie redoute la présence de l'enfant dont elle s'occupe ainsi que les souvenirs de sa propre enfance où elle recherchait déjà un juste châtiment sans parvenir à l'obtenir. Sa relation présente réveille le passé et son douloureux secret...
Malgré quelques lourdeurs auxquelles contribue l'analyse psychologique, Jeux dangereux est un roman palpitant qui oscille entre les thèmes du masochisme et des souvenirs d'enfance.
Steph

On apprécie plus ou moins le ton lénifiant et l'implication directe des lecteurs dans un « vous » répété sans relâche, le livre procédant sur le mode du coaching. A destiner à celles qui souhaitent un suivi, étape par étape, jusqu'à l'obtention d'orgasmes avec leur partenaire et la résolution de problèmes physiques ou mentaux, qui pouvaient jusqu'alors provoquer une entrave au plaisir.


C'est à toutes ces questions que répond magistralement ce livre très bien documenté et magnifiquement illustré. Pour ce faire, des spécialistes se laissent interroger ou prennent la plume pour évoquer de manière intelligible leur période de prédilection, les résultats de leurs travaux, leur profession.
Quand des passionnés s'expriment, l'écrit devient passionnant. Et pas seulement l'écrit puisque avec ce livre est fourni un DVD qui présente un film : Le plaisir au pouvoir (1h13) ou l'histoire du vibromasseur aux Etats-Unis, de son apparition à la libération sexuelle et aux mouvements féministes, ainsi que deux documentaires plus courts, l'un sur les sex toys en France (21 min) avec la participation du love-store Passage du désir et la voix envoûtante de Fleur Breto qui semble nous susurrer des confidences sur les sex toys vendus et le profil de sa clientèle, et une interview d'Agnès Giard (17 min) qui nous subjugue dans l'évocation de l'érotisme au Japon. Nous nous laissons conter une fabuleuse histoire...
Steph

Bande-dessinée au graphisme superbe, avec son héroïne à la plastique impeccable mais aussi bande-dessinée au scénario intriguant, rocambolesque, Songes ne peut que vous laisser sous son charme.

The good girl, autrefois téléchargeable gratuitement, fait à présent partie d'une compilation de courts-métrages intitulée Five hot stories for her de Lust films of Barcelone. Le titre ne trompe pas, la cible est féminine.
The good girl est ainsi présenté : "In THE GOOD GIRL we meet Alex, a high-powered exec who spends plenty of time thinking about sex yet rarely acts upon her desires and never takes the initiative? until now."
Now, c'est le maintenant du film (entièrement en anglais malheureusement pour moi qui ne comprends pas tout, loin de là, mais heureusement, un film porno peut se passer bien souvent de paroles.)
Alex supporte difficilement les bavardages téléphoniques d'une amie qui raconte ses exploits sexuels avec son prof de yoga et attend sa pizza. Ah, le livreur ! Tiens, justement, il sonne juste quand elle sort de la douche, enveloppée dans une grande serviette. Mais la suggestion n'est pas assez forte : arriver couverte de la serviette, ruisselante, prendre son temps pour chercher sa monnaie tout en se baissant pour que le livreur ait une vue plongeante, voire laisser par mégarde la serviette tomber un peu avant de la rattraper tout en disant "sorry !", les messages étaient bien là. Mais le livreur pense à sa pizza, c'est un professionnel. Il part donc. Alex est désespérément seule. Aussi quand le livreur réapparait se jette-t-elle sur lui. Le livreur n'a pas dû comprendre pourquoi. Le message n'était pas suffisamment clair. Elle a donc laissé tomber la serviette. A ce moment-là de l'histoire, il a compris. Et moi aussi, je commence à mieux comprendre parce qu'ils ne parlent plus (ne l'oubliez pas, jusque là, ils parlaient en anglais). Ensuite, tout s'enchaîne classiquement, ils se retrouvent sur le lit, en dehors du lit, de retour sur le lit, au dessus, en dessous, c'est une chorégraphie.
Maintenant que vous avez un aperçu de l'histoire, pourquoi est-ce du "porno pour femmes" ?
Le film fonctionne sur le mode de l'attente, et c'est toute la trouvaille qui en fait peut-être un film "pour femmes", d'après l'idée selon laquelle une femme réagit davantage à la suggestion, a besoin de faire travailler son imaginaire. Ce qui n'est pas faux.
On ne voit pas exactement ce qu'il se passe avec le professeur de yoga. Quelques gestes qui acccompagnent la respiration de l'amie d'Alex, et c'est tout. On imagine la suite.
Alex fantasme sur les livreurs de pizza, mais tout se tient dans sa tête. Jusqu'au moment où elle passe à l'acte, bien sûr.
Et même... le passage à l'acte est momentanément frustrant. Alex est nue sur son lit, pas le livreur. Après quelques minutes, je commençais à trépigner d'impatience : "Tu crois qu'il va finir par sortir son zob de sa cachette ?" Monsieur, pas plus intéressé que ça par la question, a dévié le propos : "Je peux te montrer le mien si tu veux." Hors de question, je veux voir la suite du film ! Pousse-toi de l'écran ! Mais ouf, le zob finit par se montrer (celui du livreur) et le film pornographique a repris ses droits.
Néanmoins, tout n'est pas absolument montré en pleine lumière. Choix d'une lumière tamisée, on voit des ombres, on devine les formes. Pas de gros plan en permanence non plus. Même si l'acte sexuel est clairement montré, il joue parfois de suggestion.
Autre critère qui me semble important de souligner : un brin de tendresse. Pas des masses, surtout lors de l'éjaculation faciale (qu'est-ce qu'elle vient faire là ?! Laissez-vous un livreur qui vous monte dessus éjaculer sur votre figure ?!), mais hormis ce passage totalement à côté de l'idée que l'on pourrait se faire d'un film porno "pour femmes", un instant (juste deux secondes) de tendresse à la fin de l'acte sexuel. C'est toujours mieux que rien.
Le court-métrage se termine. The good girl est-il un good film ? Difficile de répondre. Il est moins nul que beaucoup, mais il y a encore des progrès à faire en la matière.
"Dis, tu me le montres maintenant ?" Apparemment, il est trop tard, monsieur est vexé et a sommeil.
Pour accepter ce revirement de situation, il faut vraiment que je sois une bonne fille.
Steph

Nouvelles intéressantes, excitantes, originales, troublantes...
Ces récits sont accompagnés d'un dvd proposant huit strip-teases. N'est-il là que pour se rassurer, penser que finalement, ses propres strip-teases ne sont pas si mauvais ?
Steph

Je me suis donc offert un cours à domicile sur mon ordi (parce que seul lecteur dvd que nous possédons) avec la talentueuse Carmen et ses deux tenues : la bibliothécaire portant chignon retenu par un crayon, lunettes et foulard et l'androgyne à chemise d'homme, cravate et chapeau. Je me voyais mal jeter les seules lunettes que je possède et j'ai les cheveux trop courts pour faire un chignon. Par contre, j'adore endosser les costumes d'homme et j'aime tout particulièrement les chapeaux. D'ailleurs la chorégraphie me plaît davantage : monsieur sera installé sur une chaise pendant que je lui ferai mon numéro. Je le frôlerai, le chevaucherai... J'aime maîtriser la situation, ce rôle est pour moi.
Le dvd, sorti en 2007, dure 50 minutes. Il s'agit de deux chorégraphies élaborées par Robin Antin, fondatrice des Pussy cat Dolls, avec une partie fitness réalisée par Nick Carsson spécialiste fitness pour les télévisions américaines. Voici pour les cautions du sérieux du cours proposé. Comme il s'agit réellement d'un cours, les enchaînements sont appris morceaux par morceaux et répétés devant nous. Il suffit de suivre le professeur et de bien apprendre sa leçon.
Ne vous attendez pas à un effeuillage complet. Le premier jeu de rôle consiste à ôter lunettes, foulard et chignon, mais attention, de la façon la plus aguicheuse qui soit. Pour la petite robe, les escarpins et les sous-vêtements, débrouillez-vous. La robe me semble pourtant nécessiter plus d'un entraînement avant de réussir à l'ôter de manière naturelle et élégante...
La deuxième chorégraphie montre comment ôter la cravate, la chemise et le chapeau. Quid des bottes, des sous-vêtements ? Il ne nous en est rien dit. Carmen Electra conclut en disant que le reste nous appartient. Soit, mais un brin d'exercices sur « ôter son soutien-gorge sans être ridicule » m'aurait bien aidée. Faut-il compter sur une irrépressible pulsion qui jetterait monsieur sur moi ? Il faudra.
Un peu d'entraînement est nécessaire pour parvenir à une chorégraphie impeccable (ou presque, parce que, j'avoue, j'en suis encore loin). Mais même avec ses quelques défauts, mes enchaînements ont été particulièrement appréciés de monsieur. Qu'avais-je à m'en faire dégrafer mon soutien-gorge ?
Steph

Le grand mérite de cet ouvrage, petit format, est de clarifier toutes les questions que l'on se pose, de donner simplement des explications, avec schémas à l'appui, de reprendre point par point tous les clichés liés à la sodomie (ça fait mal, ça donne des hémorroïdes, c'est une pratique de gays, etc.), souvent en s'appuyant sur des questions ou témoignages trouvés sur des forums comme doctissimo ou auféminin.
En sept chapitres, l'essentiel est dit. Coralie Trinh Thi ne se lance pas dans une croisade, malgré le titre de l'ouvrage... quoique, elle est convaincue que la sodomie, c'est bien, et elle souhaite partager son enthousiasme. Le but n'est pas de faire de toute personne un sodomite en puissance dès les premières pages. L'auteur a conscience des réserves et du fait que la sodomie nécessite un apprentissage progressif. Elle donne ainsi beaucoup de conseils pour y arriver sans peine, sans blesser ni physiquement ni moralement, dans le respect de l'autre et de soi-même.
Un excellent ouvrage pour qui veut s'ouvrir l'esprit avant de passer aux exercices pratiques.


Un nom sérieux pour un livre qui ne l'est pas moins. "Plaisir, Manuel pratique du sexe à l'usage des femmes... de toutes les femmes" décomplexera toutes les femmes, même celles pour qui le sexe reste un sujet tabou.
A l'origine, c'est un best-seller américain écrit par le Dr Hilda Hutcherson, gynécologue et rédactrice des pages sexe de Glamour. Nathalie Giraud, fondatrice du site internet "Piment Rose" dédié à la sexualité, signe la version française.
C'est le truc que chaque femme devrait posséder dans le tiroir de sa table de nuit. Il ne s'agit pas d'un simple bouquin donnant la recette pour obtenir l'orgasme à coup sur, mais qui prône plutôt la découverte de soi et de l'attention à porter à son partenaire. Il délivre tous les conseils pour avoir une vie sexuelle riche et excitante.
Mais qu'est-ce que le plaisir sexuel? Nathalie Giraud le définit de la façon suivante « Le plaisir sexuel ne se réduit pas à une seule chose. Il inclut un ensemble de sentiments, de la simple satisfaction agréable au bonheur suprême, absolu et indescriptible.» Halte aux idées préconçues qui culpabilisent les femmes! « Il est temps de remplacer l'orgasme avec un grand O par le plaisir avec un grand P. Le sexe le meilleur, ultime, est une question de plaisir » confie le Dr Hutcherson. Une vie sexuelle réjouie peut se passer de pénétration, et une femme être pleinement satisfaite sans orgasme. D'ailleurs, il ne faut pas confondre "sexualité épanouie" et "fréquence des rapports". Même si on fait l'amour tous les jours, notre sexualité n'en est pas forcément satisfaisante pour autant. Nathalie Giraud se penche sur la question de l'orgasme, le truc qui fait que « pendant quelques secondes, vous vous laissez aller, vous perdez tout contrôle et entrez dans un état de conscience différent. » Même s'il n'est pas une fin en soi, elle donne quelques astuces pour essayer de l'atteindre et augmenter son "potentiel orgasmique". Et surtout, « ne cherchez pas l'orgasme à tout prix. Laissez l'orgasme venir à vous » révèle-t-elle.
Après avoir appris l'anatomie des parties génitales féminines et masculines par coeur, et être devenue une femme sexy parce que maintenant j'ai confiance en moi sexuellement, c'est Nathalie Giraud qui le dit « Une femme qui se sent attirante, à l'aise dans son corps et sa sexualité, semblera plus sexy »... passons à la pratique.
Masturbation, fellation, pénétration anale... toutes les expériences sont décrites sous formes de cours, sur un ton délicat et sensuel. On commence par les techniques de bases pour terminer par les cours avancés qui nécessitent un peu d'entraînement. Ils sont complétés par des astuces, pour nous inciter à expérimenter ces pratiques, nouvelles pour certaines. Selon l'auteure, la fellation est un des plus grand plaisir masculin, et donc les femmes de doivent pas hésiter à passer la tête entre les jambes de leur mâle. « Si se trouver à l'intérieur de votre vagin doux, chaud et humide est agréable, votre bouche douce, chaude et humide leur réserve bien plus de surprises. Avec vos lèvres, votre bouche et votre langue, vous pouvez créer une multitude de sensations agréables et uniques pour l'homme. » Et elle ajoute « Un bon cunnilingus est un cadeau inestimable » à bon entendeur messieurs, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Dans ce manuel, la pénétration anale est décomplexée. Ce sujet est abordé comme toute autre pratique sexuelle, et on n'y retrouve pas les clichés des films interdits aux mineurs. « D'après mon expérience, il s'agit probablement de la pratique sexuelle qui intrigue le plus les hommes et les femmes qui ne l'ont pourtant jamais essayée » raconte-t-elle. Elle préconise même quelques exercices pour préparer la pénétration pour que tout se passe sans la moindre douleur.
Puis Nathalie Giraud dénonce la perte d'importance du coït. Il est vrai que la plupart des femmes prennent autant de plaisir avec de longs préliminaires ou du sexe oral que lors d'un simple rapport sexuel. Pour pallier à ce renoncement, elle donne des astuces pour des rapports sexuels exceptionnels et 50 positions à tester illustrées et bien décrites. Les sex-toys ou les "quickies" peuvent aussi aider à sortir du train-train sexuel. Mais qu'est ce que les "quickies"? « Quelques minutes suffisent et vous êtes tous les deux satisfaits. » Ce sont de courts rapports sexuels instinctifs, non prévus, qui peuvent se dérouler n'importe où et à n'importe quel moment. Ils sont parfaits pour rompre la routine, ou lorsque l'on n'a pas « le temps ou l'énergie requise pour un marathon du sexe. » Un livre sur le sexe pour les femmes n'est pas complet sans aborder nos nouveaux copains: les sex-toys! « Toutes les femmes devraient posséder au moins un jouet intime pour leur plaisir personnel ou pour rehausser le jeu sexuel avec leur partenaire » pense Nathalie Giraud. Cela ne doit pas être une pratique culpabilisante, mais au contraire quelque chose de tout à fait normal qui aide à se familiariser avec son corps et à découvrir des plaisirs méconnus. Mais pourquoi alors, beaucoup d'entre nous résistent encore à ce phénomène de mode? Ils effrayent car on dit que ces petits appareils peuvent procurer autant (voire plus?) de plaisir aux femmes qu'un homme. Et elles craignent de ne plus avoir envie d'un mâle après avoir joué avec leur canard vibrant. Mais Nathalie Giraud nous rassure « Utiliser des sex-toys ne signifie pas que vous n'êtes pas capable d'avoir des expériences sexuelles agréables sans eux. Considérez-les comme un accessoire (...) qui rend l'expérience beaucoup plus intéressante, agréable et amusante. » Pour résumer, utilisons-les à deux pour une multiplications des plaisirs et des sens, et/ou seule pour nous découvrir et bien sûr pour pallier à nos moindres envies.
Un ultime conseil, et cette fois-ci c'est moi qui vous le donne : ne lisez pas ce livre seule mais avec quelqu'un à vos cotés car à la fin de chaque chapitre, on meurt d'envie d'essayer!
Flora Arnefaux


Ingrid, la quarantaine, divorcée vit avec Emilie, sa fille de 15 ans. Grande photographe, elle rencontre au salon du livre de Deauville Michaël, un homme marié. Un dîner, un verre... En quelques jours ils tombent fous amoureux l'un de l'autre. Une histoire fusionnelle commence alors un week-end sur deux entre Londres et Paris. Cette passion fait renaître la fougue de leurs 15 ans. Quand Michaël est en Belgique aux côtés de sa femme, Ingrid retrouve ses deux copines. Johanna, journaliste, la trentaine, et croqueuse d'hommes. Et Eléonore, la quinqua, psy et marié qui a pour manie de toujours analyser les aventures amoureuses de ses deux amies. A travers leurs rencontres, chacune confiera le déroulement de ses histoires de coeur. D'ailleurs, elles feront face ensemble, à la déception sentimentale d'Ingrid, et peut-être leur belle et longue amitié aidera à provoquer le destin en leur faveur?

Prenant le prétexte de la comédie romantique, ce long-métrage pose une vraie question : peut-on vraiment s'épanouir par procuration ? Drôle et touchante à la fois, Katherine Heigl excelle dans le rôle de la trentenaire qui s'émancipe... pour trouver le bonheur.

Voici un roman d'initiation à l'amour et à l'érotisme joliment écrit par Rina Novi, 54 ans, psychologue de formation, journaliste et comédienne de théâtre. Elle vient également d'écrire, de monter et de jouer sa première pièce au Bouffon théâtre à Paris, où elle tient le rôle d'une transexuelle.

1- Sexe et célibat: comment faire pour que ce soit le bonheur
2- Etes-vous doué/e au lit: tout ce qu'il faut savoir pour le devenir
3- Passons aux choses sérieuses: de nouveaux trucs tyrès hot à essayer
4- Les recettes pour décrocher le gros lot: ou comment prendre la fusée pour le septième ciel
5- De quelques casse-tête sexuels et comment s'en sortir: lorsque votre coeur n'est pas d'accord avec le reste
6- Petit manuel de l'orgasme à l'usage des couples: ou comment faire durer le désir au fil des ans
7- Du côté des homos. Gay, lesbienne et bi: ce qu'il faut savoir (avec plein de conseils pour les hétéros aussi)
8- Demandez-moi ce que vous voulez. Vos questions sur le sexe les plus fréquentes, les plus embarrassantes, les plus bizarres...






